Le CRAPE – Arènes en bref

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Le CRAPE (Centre de recherches sur l’action politique en Europe) est une unité mixte de recherche (UMR 6051) de sciences sociales, rattachée au CNRS, à l’Université Rennes 1, à Science Po Rennes et à l’EHESP et qui a signé un partenariat avec l’Université de Rennes 2.

Pour le prochain quinquennal, le CRAPE propose une nouvelle identité: Arènes – CRAPE

Le CRAPE est un laboratoire de recherche pluridisciplinaire

Historiquement constitué à partir de la science politique, le CRAPE a fait au fil des ans et de ses développements une place comparable aux sciences de l’information et de la communication et à la sociologie. Ces trois disciplines fédèrent aujourd’hui près de 90% des chercheurs. L’équipe accueille aussi des spécialistes d’histoire contemporaine et quelques représentants d’autres disciplines des SHS comme la démographie et l’éducation à la santé. Cette pluridisciplinarité est encouragée dans les questionnements scientifiques et se retrouve dans le contenu de nombreux travaux du laboratoire.

Un laboratoire fédérateur pour les sciences sociales du site 

Créé en 1973 à la faculté de droit de l’université de Rennes 1 à l’initiative de Philippe Braud, le laboratoire y a affirmé plusieurs thèmes de recherche – le local, la communication politique, la vie politique. Associé au CNRS depuis 1982 , le CRAPE a bénéficié du soutien financier et de l’affectation de chercheurs de cette institution.Une nouvelle impulsion est venue de la création de l’Institut d’études politiques de Rennes en 1991. L’IEP a offert au laboratoire un soutien supplémentaire et de nouveaux locaux, mais aussi une forte dynamique qui a permis de renouveler le champ de recherche de l’unité, en particulier sous les directions d’Erik Neveu puis de Patrick Hassenteufel. La construction des problèmes publics, l’analyse des politiques publiques et de l’action publique mais aussi les mobilisations politiques sont devenues à cette période les points forts de l’unité avec la présence de chercheurs comme Erik Neveu, Patrick Le Galès, Philippe Garraud et Patrick Hassenteufel et de nouveaux docteurs. Un lien étroit s’est établi avec une offre élargie de masters habilités par l’Université Rennes 1 (Expertise de l’action publique territoriale, Action et espace public en Europe, Journalisme Reportage et Enquête). L’activité de l’unité s’est encore diversifiée et enrichie des apports venus de l’équipe de spécialistes de communication et de sociologie des départements Information-Communication de l’IUT de Lannion, et GEA et Carrières sociales de l’IUT de Rennes.  La coopération initiée au cours des années 1990 avec ce qui était alors l’ENSP a débouché sur un nouveau partenariat, faisant de l’Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique depuis 2012 une nouvelle tutelle de l’unité. Par ailleurs, des membres du laboratoire sont en poste à l’Université catholique de l’Ouest (Angers). Depuis 2014, l’université de Rennes 2 s’est impliquée également dans l’unité comme établissement partenaire et devrait devenir une nouvelle tutelle pour le nouveau quinquennal.

Une équipe pluridisciplinaire qui veille à son renouvellement 

Cette unité de recherche regroupe une centaine de membres :

– 5 chercheurs Cnrs,
– 52 enseignants-chercheurs (39 maîtres de conférences et 13 professeurs des universités), 3 enseignants-chercheurs associés
– 2 ITA Cnrs
– 5 ingénieurs Ehesp
– 37 doctorants et 10 docteurs

La place des jeunes chercheurs est centrale dans l’unité. Le laboratoire veille à ce que les doctorants aient les moyens matériels et intellectuels de mener à bien leurs recherches, grâce à l’appui de contrats doctoraux (presque tous les doctorants de l’unité ont actuellement un financement de thèse), mais aussi de moyens pour participer à des congrès nationaux et internationaux ou pour recueillir leurs données. 

Sur les 45 thèses soutenues depuis 2000, 22 ont obtenu un poste au CNRS, dans des institutions de recherche ou dans une université, cinq ont des emplois de contractuels (CDD) dans la recherche, huit ont des emplois stables hors du monde de la recherche (dans la majorité des cas par choix délibéré), trois ont des post-doc. Soulignons encore que sur 36 mouvements entrants de personnel au CRAPE depuis 2000, sept seulement avaient fait leur thèse dans le labo, ce qui signifie donc 80% de recrutement extérieur. L’UMR bénéficie aussi de bourses post-doctorales, de délégations CNRS, et accueille régulièrement des chercheurs invités.

Le CRAPE est organisé en trois équipes

Politiques sociales et de santé. Inégalités et Populations (POSSIP) (responsables : Blanche Le Bihan, Béatrice Valdes)
Journalisme et espace public  (responsables : Christophe Gimbert, Eugénie Saitta, Olivier Trédan)
Mobilisations, citoyennetés et vie politique (responsables : Christine Guionnet, Bleuwenn Lechaux).

L’unité a reçu en 2012 l’appui de ses tutelles et de l’AERES pour déployer son activité de recherche au cours du dernier quinquennal (2012-2015) autour de ces trois équipes. Cette organisation est complétée par des actions fédératrices, qui prennent la forme d’un séminaire général, mais aussi de chantiers de recherche construisant des ponts entre équipes. Les questions de méthodologie, du genre / gender, ou encore les dynamiques de précarisation des métiers et activités sociales sont les plus empruntés de ces axes de connexion et font suite à de précédentes initiatives comme les émotions en politique, ou les dynamiques de régionalisation.

Pour le prochain quinquennal, l’unité a décidé de créer une quatrième équipe intitulée: Institutions et échelles d’action publique (responsables: Thomas Frinault et Sébastien Ségas)

Six membres de l’unité ont été ou sont titulaires de chaires de recherche soutenues par des partenaires extérieurs : Chaire INPES « promotion de la santé » d’Eric Breton ; Chaire EHESP-CNSA ‘Lien social et santé – Social care’ de Claude Martin ; chaire Conseil régional de Bretagne sur « les politiques de jeunesse » de Patricia Loncle et chaire Science Po Rennes sur « l’observation du fait religieux en entreprise » de Lionel Honoré. Deux nouvelles chaires viennent d’être créées: la Chaire INCA-IRESP-EHESP sur la prévention des cancers de Linda Cambon et la chaire Science Po Rennes « territoires et mutations de l’action publique » de Romain Pasquier

L’UMR 6051 a une importante activité de recherche contractuelle. Que ce soit sous la forme de contrats de recherche obtenus sur appels d’offres ou de financement de chaires, le laboratoire a domicilié 4,2 millions d’euros au cours du dernier quinquennal. Cette activité de recherche est fortement internationalisée, ouverte sur l’Europe, avec le soutien de la Commission européenne (du 4ème PCRDT au programme H2020 actuellement en cours), mais aussi des programmes internationaux des agences nationales de recherche en Europe (comme le programme « Open Research Area » de l’ANR), ou bien encore en contribuant à la vie intellectuelle de plusieurs sociétés savantes en sciences sociales, comme l’ECPR (Consortium européen pour la recherche en Science Politique) ou encore l’ESPAnet (European social policy association network) mais aussi au-delà de l’Europe, sur les Amériques, en particulier avec l’implication de l’unité dans l’Institut des Amériques (IDA). Plusieurs membre du laboratoire sont en poste à l’étranger (Canada, Brésil, Belgique).
Equipe à centre de gravité rennais et à réseau régional, le CRAPE s’inscrit dans les structures de recherche dans l’Ouest. Il est fortement impliqué dans la Maison des sciences de l’homme en Bretagne (MSHB) qui associe les chercheurs des quatre universités bretonnes. Il prend une part active au GIS « M@rsouin » dans le domaine de la communication et à l’ Institut des Amériques, mais aussi dans le GIS Journalisme et le GIS sur l’urbanisme. Il collabore aussi avec les sociologues nantais du CENS.

Le rayonnement du laboratoire, c’est encore son implication dans le pilotage de trois revues de sciences sociales, dont deux à vocation internationale : Lien social et PolitiquesSur le journalisme / About journalism / Sobre jornalismo, et la revue Mots. C’est aussi la participation de ses membres à des activités éditoriales : participation à une dizaine de comités de rédaction de revues de sciences sociales en France et à l’étranger, indexées par l’Aeres ou des bases de données internationales comme : à l’étranger :Social Policy and Administration(UK), Current Sociology (UK), Social Movement Studies (UK),Communicazione Politica(Italie), Analíse Social (Portugal),  Revue suisse de science politique, et en France :Sociologie, Pôle Sud, Revue Politiques sociales et familiales, Réseaux, gerontologie et société .
Des membres de l’unité contribuent aussi à l’animation de deux collections, l’une aux Presses universitaires de Rennes (Res Publica), l’autre aux Presses de l’EHESP.

Le CRAPE a également un rôle au plan des formations supérieures dispensées dans ses établissements partenaires. Il est le laboratoire d’appui de 8 masters, à l’IEP de Rennes (les masters « Expertise de l’action publique territoriale », « Action et espace public en Europe », « Journalisme, Enquête et Reportage », « Histoire et Relations internationales »), en lien avec la Faculté de droit et de science politique (« Politiques européennes ») et avec l’EHESP (« Master of Public Health », « Pilotage des politiques et actions en santé publique » et « Jeunesse ; politiques et prises en charge »). Enfin, le CRAPE est inscrit dans les unités de recherche de l’Ecole doctorale SHOS « Sciences de l’Homme, des Organisations et de la Société ».

Arènes: une nouvelle identité pour l’unité

ARENES est un concept largement utilisé au sein de ce que l’on qualifie parfois d’école française de l’analyse des politiques publiques. Les arènes y représentent des espaces de mises en discussion, d’enjeux susceptibles de donner lieu à des politiques publiques. Or le CRAPE s’est largement constitué dans les années quatre-vingt-dix autour de l’analyse des politiques publiques, qui – spécialement dans leurs dimensions territoriale, mais aussi sanitaire et sociale, autour du risque- structurent encore les travaux du laboratoire aujourd’hui. ARENES (ici public arenas) est aussi une notion structurante de l’analyse des problèmes publics, domaine investi depuis plus de vingt ans au sein de notre unité. ARENES, sous l’attestation spécifique des « arènes médiatiques » est aussi une notion qui déborde vers le langage courant pour suggérer le rôle du journalisme et des médias dans l’établissement d’espaces de mise en discussion des enjeux publics, espaces qui sont aussi des lieux de formatage et de définition du dicible et du discutable, de civilisation des affrontements. Faut-il rappeler les affinités qu’une équipe investie sur les médias, l’espace public et la communication politique depuis un quart de siècle avait avec cette acception ? Les ARENES, ce sont encore, pour emprunter cette fois à Alain Faure, des « scènes territoriales ou politiques, d’interactions entre les individus en lien avec des luttes institutionnelles ». La notion rencontre ici une attention ancienne du laboratoire à la gouvernance territoriale, à la complexité des formes et systèmes par lesquelles la participation politique, partisane et électorale, comme mouvementiste, structure des espaces d’affrontements réglés, tranche des différends, rend possible la prise de décision. Les ARENES sont donc la fois des espaces de mise en publicité, de délibérations, des sites d’activités de justification et d’un travail politique qui vise à agir sur le monde en mobilisant croyances et représentations, des lieux où s’amorce la définition compétitive de règles communes qui structurent la vie sociale et politique. Le champ sémantique du terme fonctionne alors aussi comme un lieu de connexion, un « hub » diraient les aviateurs, mettant en contact l’essentiel de nos chantiers de recherche et survols du politique. Un label nouveau vient en quelque sorte porter une lumière nouvelle sur ce qui converge entre nous, sans nous contraindre à un exercice forcé d’inventions de cohérences. ARENES présente aussi l’intérêt d’être un concept qui permet – en le modulant et le travaillant- à la fois de connecter des espaces de recherches et de sauter par-dessus les frontières entre spécialisations. Dans les arènes, des configurations d’acteurs fluides et changeantes s’affrontent, des règles sont improvisées ou formalisées qui régulent et civilisent la lutte politique, le choc des revendications. Cette combinaison de plasticité et de rigueur fait encore sens dans une équipe qui peut revendiquer dans sa tradition trois valeurs : le souci du pluralisme théorique, le refus de l’enfermement dans de micro-spécialités autarciques, le souci de transmettre aux nouvelles générations de doctorants le goût de la théorie, mais d’une théorie qui serve à résoudre des énigmes, non à intimider ou à faire écran (Erik Neveu).

Claude Martin, Directeur de recherche CNRS, directeur de l’unité
Béatrice Damian-Gaillard, maître de conférences, directrice-adjointe
Patricia Loncle, enseignante-chercheuse, directrice-adjointe
Sami Zegnani, maître de conférences, directeur-adjoint

Dernière modification: 21 septembre 2015


Réalisation : Yann Le Sager - Zen At Work/Studio Ricom