Equipe 3 « Mobilisations, citoyennetés et vie politique »

Responsables : Christine Guionnet et Bleuwenn Lechaux

English version

L’équipe 3 est constituée de chercheurs de plusieurs disciplines (politistes, sociologues, historiens, infocomistes) ayant pour point commun de s’intéresser à la sociologie des acteurs intervenant à des niveaux tant infrapolitiques (mobilisations sociales) que plus institutionnels (liens à la citoyenneté, étude de la vie politique et de ses acteurs privilégiés). L’équipe entend notamment mener une réflexion sur les mobilisations politiques de fractions invisibilisées de l’espace social (jeunes adultes, femmes, classes populaires, mais aussi, et a contrario, classes dirigeantes) et sur le recours à des formes non conventionnelles d’action politique (engagements informels, peu publicisés, inscrits dans les pratiques professionnelles, et tentatives de faire de la politique « autrement » ou « ailleurs »). Sur ces différentes thématiques, l’équipe est marquée par une dimension internationale forte, tant du point de vue des terrains investis que des collaborations scientifiques. Les travaux d’analyse comparée sont nombreux, qu’il s’agisse de comparaisons à l’échelle de pays infra-européens (France, Allemagne, Angleterre), entre la France et des pays extra-européens, notamment américains (États-Unis, Argentine), ou à l’échelle internationale infra-régionale (Bretagne-Québec-Pays de Galles). L’ancrage socio-historique de la vie politique est enfin prégnant et attractif dans notre équipe, puisqu’il permet d’accueillir régulièrement de nouveaux membres historiens, venant consolider la pluridisciplinarité et la dynamique internationale de l’équipe. Les travaux de l’équipe sont adossées à de nombreux programmes de recherche collectifs (européens, nationaux) sur des questions porteuses comme l’engagement des jeunes européens, les incidences biographiques de l’engagement de militant-e-s des années 68 ou encore les mobilisations en santé environnementale.

Les recherches de l’équipe s’inscrivent dans trois dimensions :

Engagement et mobilisations transnationales. Une première série de travaux porte sur les mobilisations et engagements politiques, possiblement inscrits dans les pratiques professionnelles/syndicales (au sein des mondes agricoles, artistiques, enseignants), et analysés à l’aune des mutations contemporaines du travail. Les répertoires d’action et formes d’engagement explorés sont variés : résistance civile, radicalisation, usage des nouvelles technologies, etc. Autant de manières de « résister » dans les sociétés contemporaines qui, tout en puisant dans des modes d’action éprouvés, se réinventent. De plus, à travers l’observation de l’ancrage spatialisé/topographique de l’engagement, le groupe met au jour les différentes échelles d’articulation de ces stratégies militantes. De façon complémentaire, plusieurs membres de l’équipe rendent compte de la dimension historique de telles mobilisations, en accordant une attention particulière aux transformations temporelles du militantisme sur les plans micro-, meso- et macro-sociologiques. Les méthodes utilisées privilégient les immersions prolongées dans les milieux étudiés. Cette exigence apporte à l’ensemble de l’équipe une reconnaissance dans ces compétences d’étude ethnographique et historique des formes contemporaines d’engagement (ANR, financement ANSES, ADEME, bourses régionales de thèse, colloques soutenus par l’AFSP, participation aux réseaux ECPR, accueil d’un chercheur dans le cadre d’une Chaire Marie Curie/European Union). Enfin, et de façon spécifique, le travail mené par plusieurs membres de l’équipe sur l’engagement politique au sein du continent américain trouve une continuité scientifique dans différentes institutions, à travers une insertion dans le GIS « Institut des Amériques » et une participation aux réflexions du pôle « Armorique, Amériques, Atlantique » de la MSH-B.

Jeunesse et citoyenneté. Soucieux de toujours déconstruire la catégorie « jeunesse », les questionnements portent ici à la fois sur les formes d’intervention citoyenne des jeunes et sur les modalités d’intervention publique à leur égard. L’analyse de leur participation est déclinée de différentes manières : les pratiques d’engagement, les activités militantes, leur sentiment d’appartenance aux territoires, etc. Sont également explorés les situations de vulnérabilité et les formes de discrimination ciblant les jeunes, l’exclusion de jeunes adultes éloignés de l’action publique, mais aussi les injonctions et dispositifs publics mis en œuvre envers différents publics, notamment dans le cadre scolaire (personnalisation de l’enseignement au lycée, lutte contre le décrochage scolaire). Ces activités s’inscrivent en partie dans le cadre de la Chaire de recherche sur la jeunesse obtenue en 2012.

Vie politique. Une série de travaux est par ailleurs centrée sur les groupes politiques (les partis de droite tout comme les partis de la gauche radicale) et l’étude du personnel et des acteurs politiques (élus locaux, députés) dans leur ancrage socio-historique. Ces recherches visent par exemple à sonder la valeur respective des ressources (visibilité médiatique vs/ positions institutionnelles, qu’elles soient partisanes, étatiques ou territoriales). Le Laboratoire dispose d’une expertise reconnue sur la vie politique locale. Domaine classique de la science politique, ce champ d’analyse continue à fédérer les historiens et les politistes.

Outre ces domaines de spécialisation, l’équipe entend structurer une recherche collective en son sein en organisant 4 à 5 fois par an une journée d’études interne. Celle-ci a pour objectif l’appropriation de plusieurs formes de travail collectif : des exposés réalisés par certains membres de l’équipe sur leurs dernières recherches ou travaux en cours, des séminaires organisés autour de notions clefs ou d’ouvrages mobilisant plusieurs d’entre nous, des rendez-vous scientifiques autour de questions méthodologiques (lectures collectives et discussions théoriques et méthodologiques). Ces rencontres communes à l’ensemble des membres de l’équipe 3 poursuivent plusieurs objectifs indissociables : permettre une meilleure connaissance réciproque de nos travaux, déceler des problématiques et approches théoriques ou méthodologiques communes à partir desquelles nous organisons des événements scientifiques (à l’instar du colloque « Saisir l’engagement ‘improbable’ dans sa routine professionnelle » en octobre 2015) et, enfin, impulser la constitution de groupes de travail autour de projets de publications collectives.

Enfin, l’équipe 3 entend s’impliquer très activement dans les tous nouveaux chantiers transversaux de la recherche qui sont au cœur du projet quinquennal du CRAPE/Arènes : « Politiques des âges de la vie » ; « Environnement, écologie politique, santé, développement durable » et « Questions de genre ». Notons à ce propos que les deux types de questionnement proposés sur le genre – « Appropriations ordinaires du genre » ; « Genre et (dé)professionnalisation » – font écho à un travail collectif entamé de longue date au sein du laboratoire, d’abord dans le cadre d’un axe de l’équipe 3, puis en tant que séminaire transversal consacré au genre pendant plusieurs années. Le fait que cette thématique suscite l’intérêt de nombreux chercheurs dans toutes les équipes du CRAPE-Arènes nous a conduits à décider de ne plus la rattacher institutionnellement à la seule équipe 3, mais au contraire à la constituer en un chantier transversal.

Quelques exemples de projet en cours :

ANR Sombrero (2012-2016) : les incidences biographiques du militantisme des années 68. En savoir plus
Partispace – H2020 (2016-2020) : Espaces et styles de participation, modalités de participation formelle, non- formelle, informelle des jeunes dans les villes européennes.
Jeunes en TTTrans – PIA : Transversalité, Transitions, Transformations
REVERSEJ (2016-2017) : Réversibilité et irréversibilité dans les trajectoires de décohabitation des jeunes adultes
Airin : air intérieur, actions publiques et jeux d’acteurs
Colloque Saisir l’engagement « improbable » dans sa routine professionnelle
Radicalisations : Ecole thématique du CNRS
Immigration Thematic Committee of the Population and Lifecourse Strategic Knowledge Cluster

Notre implication dans les réseaux :

Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne (pôles « Gouvernance » ; « Mondes armoricains et atlantiques » ; « Arts et Création »)
Comités éditoriaux/de rédaction de Migrations Société et des Presses Universitaires de Rennes
GIS Institut des Amériques
Chaire Jeunesse
RT 15 (« Jeunesse, âges de la vie et générations ») de l’Association Française de Sociologie (AFS)
CR 28 (jeunesse) de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF)
Association Française de Science Politique (AFSP)
Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Observatoire des Transformations du Monde Arabe (OTMA)
Standing groups de l’European Consortium for Political Research (ECPR) : Participation and Mobilisation, Political Sociology, Gender and Politics et Environmental Politics
International Political Studies Association (IPSA)
Society for French Studies (Grande-Bretagne)


Réalisation : Yann Le Sager - Zen At Work/Studio Ricom